LES TEMPS TIRAILLÉS / 2009

 

Video / Éric Legay

(…) Dans Les temps tiraillés, mon dernier spectacle (création en 2009 au Centre Pompidou), je suis sur scène avec les interprètes. Cette fois-ci, ce ne sont pas les capteurs qui génèrent la partition, mais moi qui l’écris en direct, en fonction de la perception que j’ai du déroulement du spectacle. La partition est diffusée sur les écrans disposés sur le plateau, ainsi qu’à l’extérieur de la scène. Les danseuses ont une idée sensible de ce qui doit se passer, mais ne savent pas formellement ce qu’elles vont danser. Le travail en lui-même n’est pas abstrait, même si les processus le sont. Dans ce spectacle, je m’appuie sur l’idée que danser fait naître une créature. La dramaturgie est traversée par l’interprète. Ce dernier est toujours dans la projection, explorant perpétuellement ses états, ses humeurs ; ce n’est pas un personnage construit comme par exemple dans l’expressionnisme. On pourrait penser que cette attitude est de l’ordre de la mise à distance. Pourtant, la dimension introspective est importante. Même si cette créature s’évanouit, on ne doit pas se laisser envahir par ce qui surgit, on doit rester dans un jeu entre distance et introspection. Penser la danse sans anticipation est, selon moi, une aberration. Il y a différents degrés d’anticipation. Le propre du mouvement est de se prolonger dans une extension. Il faut être concentré mais également ouvert sur les possibilités de mouvement qui peuvent surgir. L’intégration du numérique dans la danse est parfaite pour être en mesure d’anticiper ; c’est un temps hyperrapide, un temps-lumière. La machine en ce sens est profondément humaine, car elle va calculer cette durée pour proposer quelque chose à la personne. Elle prend en charge une partie de la mémoire. Elle clarifie la communication et allège notre rapport au temps.

Patch N° 09 / La revue du centre des Ecritures Contemporaines et Numériques / Février 2009
Extrait des propos de Myriam Gourfink recueillis par Philippe Franck et Clarisse Bardiot.

Myriam Gourfink’s choreography moves dancers with the flow of a slowly meandering stream; barely mobile - yet always fluid - her work focuses great attention on the slow development of tiny movements governed by the dancers’ breathing. It stands at a long distance removed from other modern choreography.

"Les Temps Tiraillés" means "time torn" (or pulled) and this premiere of Gourfink’s new work deconstructs conventional concepts of performance and time and emphasises the unique revitalising of dance at every staging. The work is ongoing when the audience arrives and it happens both live on stage and streamed onto screens elsewhere. It also continues Gourfink’s exploration of the complex relationship between music and choreography, entwining her imperceptible movement with the haunting, spectral score by Austrian composer, Georg Friedrich Haas that engages two violas, a bassoon and one movement of silence within a computer-generated electronic framework.

Elite yoga – specifically of the Tibetan tantric trend - is the key to the strength of her seven female dancers and their ability to unfold long complex body positions and balances. Many times in this hour-long performance, the development of the next pose or movement seemed an impossible stretch even for such muscular bodies and yet, of course, it always came and sometimes in the most unexpected way. The movement and music seemed somehow to interact with 23 flat computer screens suspended over the dancers’ heads, and clearly much of the movement was improvised between key choreographic points in the composition. The relentless, slow circulation of the ensemble around the small stage progressed through seamless transitions into the construction of remarkable architectural shapes from the seven human building blocks. The harmonised excellence of this unit deserves individual recognition and so I’ll name them - Clémence Coconnier, Céline Debyser, Carole Garriga, Déborah Lary, Julie Salgues, Cindy Van Acker and Véronique Weil.

The academic focus of Gourfink’s work requires an immense and sustained effort of concentration from her audience with the repetitive score and slow movement inviting the onset of random thoughts. This isn’t a performance to be taken on a full stomach and a mind cluttered with things to do but even if a whole hour’s dedicated attention is impossible, there are moments of rare skill and beauty that will leap from the stage like a salmon jumping from that gently undulating stream.

Graham Watts / January 2009 – ballet.magazine / Paris, Centre Pompidou.

Co-production Loldanse, Ircam & Les spectacles vivants-Centre Pompidou, Centre national de la danse-Pantin (creation in residency), with the support of ARCADI.

Loldanse is supported by Ministère de la culture et de la communication, DRAC IDF, au titre de l'aide à la compagnie.

CHOREGRAPHY
Myriam Gourfink

MUSICAL COMPOSITION
Georg Friedrich Haas for bassoon, two violas & electronics, commissioned by Ircam-Centre Pompidou

MUSICIANS
Pascal Gallois (bassoon), Garth Knox (viola), Geneviève Strosser (viola)

DANCERS
Clémence Coconnier, Céline Debyser, Carole Garriga, Déborah Lary, Julie Salgues, Cindy Van Acker, Véronique Weil

COMPUTER PROGRAMME for music & dance developed by Ircam
Robin Meier

TECHNIC
Zakaryya Cammoun

COSTUMES
Kova

VIDEO
Anne Delrieu

DURATION
70 min

Created at Centre Georges Pompidou, the 21, 22, 23 & 24th of January 2009